Bokashi ou lombricomposteur (déchets acceptés, son, place et débouchés)

Le bokashi fait fermenter tous les restes de cuisine, viande et agrumes compris, mais il demande du son inoculé et produit un pré-compost acide qu’il faut finir dans un composteur ou de la terre. Le lombricomposteur est plus sélectif mais donne un compost prêt pour tes plantes. Sans jardin ni composteur à proximité, le lombricomposteur est le plus simple.

Un lombricomposteur noir à trois étages avec son seau à déchets, sous un évier dans une cuisine française lumineuse.
Sommaire
  1. Fermentation ou vers : deux principes différents
  2. Quels déchets, quel entretien, quel coût ?
  3. Que faire du pré-compost en appartement ?
  4. Choisir, ou combiner les deux
  5. Faire ton choix

Les deux tiennent dans une cuisine et promettent la fin de la poubelle qui sent. Le choix se joue sur deux questions qu’on se pose rarement en magasin : quels restes produis-tu vraiment, et où iront les seaux une fois pleins ?

Fermentation ou vers : deux principes différents

Le lombricomposteur est un compostage en présence d’air. Des micro-organismes ramollissent les épluchures, puis des vers de fumier (Eisenia) les digèrent. Au bout de trois à quatre mois, on récolte un compost fin, utilisable mélangé à la terre, et un liquide à diluer.

Le bokashi n’est pas un compostage. Le Réseau Compost Citoyen le décrit comme une fermentation lactique sans oxygène, à température ambiante, comparable à la choucroute ou à l’ensilage. On remplit un seau hermétique, muni d’une grille et d’un robinet, en couvrant chaque apport de son de blé enrichi en micro-organismes, et on tasse pour chasser l’air.

Une fois le seau plein, on le laisse fermé au moins deux à trois semaines vers 20 °C, une semaine par forte chaleur, plus longtemps au frais, selon cette synthèse. Reporterre donne une fourchette de deux à quatre semaines. Il faut donc deux seaux : l’un fermente pendant qu’on remplit l’autre.

Le bokashi ne produit pas de compost : il conserve et prépare les déchets, qui doivent ensuite finir dans un composteur ou dans la terre.

Quels déchets, quel entretien, quel coût ?

CritèreBokashiLombricomposteur
PrincipeFermentation sans airCompostage par les vers, avec air
Viande, poisson, laitagesAcceptés, sauf gros os et liquidesÀ éviter
Agrumes, ail, oignonAcceptésÀ éviter ou limiter
ConsommableSon inoculé à racheterCarton et papier de la maison
Entretien courantJus à soutirer au moins chaque semaineLiquide à vider, humidité à surveiller
Ce qu’on obtientPré-compost acide et jusCompost mûr et liquide
Besoin d’un débouchéOui : composteur, jardin ou collecteNon, sauf surplus de compost
MoucheronsRares, seau hermétiqueFréquents si le bac est trop humide

Le bokashi accepte presque tout : restes cuits ou crus, viande, poisson, pain, ail, agrumes, produits laitiers, petits os. Le lombricomposteur est plus sélectif : les guides de collectivités écartent produits animaux, plats en sauce, agrumes et aliments vermifuges comme l’ail et l’oignon. Le détail est dans le guide pour nourrir les vers.

Côté odeur, le seau fermé ne sent rien, mais l’ouverture dégage une odeur aigre-douce, et le jus peut sentir fort. Le Réseau Compost Citoyen conseille de le soutirer au moins une fois par semaine, idéalement tous les deux ou trois jours.

Pour le coût, la synthèse du réseau (février 2023) indique un seau seul à partir de 20 €, un kit de deux seaux de 16 litres avec son jusqu’à 110 €, et un kilo de son entre 5 et 20 € selon les vendeurs. Une famille de quatre en consomme 2 à 6 kg par an. Le lombricomposteur coûte plus cher à l’achat, mais son seul consommable est le carton.

Le bokashi coûte peu au départ mais se rachète : le son est un abonnement, le carton des vers est gratuit.

Que faire du pré-compost en appartement ?

C’est le point faible du bokashi sans jardin. Le contenu fermenté est trop acide pour être mis directement au pied des plantes en pot. Le Réseau Compost Citoyen précise qu’il ne peut pas non plus être composté seul : trop humide, trop mou, il doit être mélangé à des déchets végétaux secs pour finir sa décomposition à l’air.

Les débouchés possibles :

  • un composteur partagé en pied d’immeuble ou de quartier, avec l’accord préalable du référent : certains sites refusent le bokashi, car une fermentation ratée sent fort et longtemps ;
  • un jardin, le tien ou celui d’un proche, où on le mélange au compost avec des déchets secs ;
  • la collecte des biodéchets de ta collectivité, quand elle existe.

Pour les sites collectifs, le réseau rappelle que la réglementation française considère la matière fermentée comme un déchet tant qu’elle n’est pas compostée : elle ne s’épand pas directement au sol. Dans le cadre domestique, la pratique n’est pas réglementée, mais les mêmes précautions s’appliquent.

Le lombricomposteur, lui, boucle la boucle chez toi : le compost sert aux jardinières et aux plantes d’intérieur, et le surplus se donne.

Avant d’acheter un bokashi, trouve où iront les seaux pleins : sans débouché, ils s’accumulent sur le balcon.

Choisir, ou combiner les deux

Le lombricomposteur convient si tu n’as ni jardin ni composteur à proximité, si tes déchets sont surtout des épluchures de fruits et légumes, et si tu as des plantes à nourrir. Le guide pour débuter en appartement explique la mise en route.

Le bokashi convient si tu cuisines beaucoup de viande, de poisson ou de restes de repas, et si un composteur partagé ou un jardin accepte le pré-compost. Il sert aussi à stocker les biodéchets plusieurs semaines entre deux dépôts.

Les deux peuvent cohabiter : le bokashi prend ce que les vers refusent, le lombricomposteur le reste. Certains pratiquants versent un peu de pré-compost dans le lombricomposteur ; vu son acidité, on reste sur de petites quantités, mélangées à beaucoup de carton, en observant les vers. Si le jardin entre en jeu, le comparatif lombricomposteur ou composteur de jardin prend le relais.

Faire ton choix

  1. Lister tes déchets : surtout des épluchures, ou beaucoup de restes cuits, viande et poisson.
  2. Trouver le débouché : composteur partagé, jardin ou collecte acceptant le pré-compost, avant d’acheter un bokashi.
  3. Compter la place : deux seaux pour le bokashi, un bac à plateaux pour les vers.
  4. Prévoir le consommable : environ 2 à 6 kg de son par an pour quatre personnes, ou du carton pour les vers.
  5. Combiner si besoin : bokashi pour les restes animaux, lombricomposteur pour les épluchures.

Questions fréquentes

Peut-on fabriquer son propre son à bokashi ?
Des recettes maison existent, à base de son, de mélasse et de ferments. Le Réseau Compost Citoyen juge possible d’approcher le mélange du commerce, mais pas de le reproduire exactement, et conseille de se renseigner avant.
Le jus de bokashi est-il un engrais ?
Les fabricants conseillent de le diluer à environ 1 % dans l’eau d’arrosage. Une analyse publiée par le Réseau Compost Citoyen l’a trouvé pauvre en éléments nutritifs et acide : il ne remplace pas un engrais.
Le bokashi gèle-t-il sur un balcon ?
La fermentation s’arrête quand il gèle et ralentit au froid. Un seau sur un balcon en hiver met donc plus longtemps à être prêt ; mieux vaut le garder à l’intérieur.

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