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Le seau à épluchures se remplit tous les jours, et la question revient à chaque fois : est-ce que ça va dans le bac ? Les listes affichées sur les couvercles ne disent pas toutes la même chose, surtout pour les agrumes, l’oignon ou le pain.
Que peuvent manger les vers du lombricomposteur ?
Les vers ne mangent pas les épluchures fraîches. Bactéries et champignons les attaquent d’abord ; les vers consomment ensuite la matière ramollie. Le guide de la Métropole du Grand Nancy compte deux à trois semaines pour cette première décomposition. D’où deux règles : des morceaux petits, et de la patience.
Les déchets humides forment le repas : épluchures et restes de fruits et légumes, crus ou cuits, salade, marc de café avec son filtre, thé et infusions. Les déchets secs équilibrent : carton brun, boîtes d’œufs, rouleaux de papier toilette, essuie-tout, papier journal, fleurs fanées. Ils absorbent l’eau des épluchures, qui en contiennent environ 80 %, et laissent passer l’air.
| Déchet | Verdict | Précaution |
|---|---|---|
| Épluchures de fruits et légumes | Oui | Couper les peaux dures (melon, potiron) |
| Marc de café, filtre, sachets de thé | Oui | Retirer les agrafes et sachets plastiques |
| Carton brun, boîtes d’œufs, essuie-tout | Oui, à chaque apport | Déchirer en morceaux, pas de papier glacé |
| Coquilles d’œufs | Selon les guides | Bien pilées, en petite quantité |
| Pain, pâtes, riz cuits | À limiter | Petite quantité, sans sauce |
| Agrumes | À limiter ou éviter | Peu d’écorces, coupées fin |
| Ail, oignon, échalote, poireau | À limiter ou éviter | Pas pendant le démarrage |
| Viande, poisson, laitages, gras | Non | Odeurs et putréfaction |
| Restes en sauce, plats assaisonnés | Non | Sel, gras, épices |
| Litière d’animaux, plastique « compostable » | Non | Pas pour un bac d’intérieur |
Un lombricomposteur n’est pas une poubelle de table : il digère les déchets de préparation des repas, pas les restes d’assiette.
Agrumes, ail, laitages : ce que les guides excluent, et pourquoi
Sur les agrumes, les sources divergent. Le guide du Syctom et Grand Nancy les rangent dans les interdits. La notice du Syvadec déconseille « la majorité des agrumes » pour leur acidité, et Zero Waste France vise surtout les écorces. Personne ne les recommande. Si tu en mets, que ce soit rarement, peu et coupé fin, une fois le bac bien lancé.
Même nuance pour l’ail, l’oignon et l’échalote, dits « vermifuges » par plusieurs guides. Le Syvadec parle d’aliments « réputés » vermifuges, prudence comprise. Nancy et le Syctom ajoutent le poireau, Nancy la rhubarbe, et la Métropole Aix-Marseille-Provence l’asperge et l’artichaut. Garde-les pour la poubelle à biodéchets ou le composteur collectif s’il y en a un.
La viande, le poisson, les laitages et les corps gras font l’unanimité contre eux. Dans un petit volume clos, ils pourrissent avant d’être consommés, sentent et attirent les mouches.
Pour le pain et les féculents cuits, le Syctom les exclut, la Métropole Aix-Marseille-Provence accepte riz, pâtes et semoule, Nancy la croûte de pizza. Une petite part, sans sauce, passe dans un bac équilibré ; une baguette entière moisit.
Quand un guide de collectivité et un autre se contredisent, on applique le plus prudent jusqu’à ce que le bac tourne bien.
Combien et à quel rythme nourrir ?
La quantité
Les guides parlent d’une consommation qui va de la moitié du poids des vers par jour (Syctom) à son équivalent en conditions optimales. Pour 500 g de vers, vise au plus 250 g de déchets par jour en moyenne, et bien moins au début : Grand Nancy conseille une poignée par semaine le premier mois. Le meilleur repère se voit dans le bac : nourris quand l’apport précédent a en grande partie disparu.
L’équilibre avec la matière sèche
Ajoute du carton ou du papier à chaque apport. Les proportions varient selon les guides : 60 % d’humide pour 40 % de sec pour le Syctom, moitié-moitié pour Aix-Marseille-Provence, au moins un tiers de carton pour Grand Nancy. Plus le bac est mouillé, plus tu montes vers la moitié.
La taille des morceaux et la fréquence
Coupe les déchets en morceaux de 2 à 3 cm au plus, surtout les plus durs : trognons, peaux de melon, courge. Le guide de la Ville de Paris déconseille en revanche de les broyer. Inutile de nourrir tous les jours, rappelle Grand Nancy : garde le seau fermé et vide-le dans le bac quand le repas précédent est consommé, sous le matelas d’humidification.
Le bon rythme ne se calcule pas au gramme : on nourrit ce que les vers ont fini, pas ce que la cuisine produit.
Si ton foyer produit plus que les vers n’absorbent, le surplus va au bac de collecte des biodéchets ou en composteur de jardin. Et si le bac sent déjà, le guide moucherons et odeurs détaille les corrections.
Avant chaque apport
- Trier le seau : épluchures, marc et thé au bac, viande, laitages et restes en sauce ailleurs.
- Couper : des morceaux de 2 à 3 cm, sans mixer.
- Vérifier le dernier apport : s’il reste beaucoup de déchets reconnaissables, attends.
- Ajouter le sec : un tiers à la moitié de carton ou de papier brun déchiré.
- Couvrir : enfouis légèrement les déchets et remets le matelas d’humidification.
Questions fréquentes
Peut-on donner des épluchures non bio aux vers ?
Faut-il congeler les déchets avant de les donner ?
Les cheveux et les poils d’animaux vont-ils au lombricomposteur ?
Peut-on mettre des mouchoirs en papier ?
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