Quels vers pour un lombricomposteur (espèces, quantité, achat)

Il faut des vers de compost épigés, le plus souvent Eisenia fetida ou Eisenia andrei, jamais des vers de terre du jardin. Compte environ 500 g pour démarrer un bac de foyer, achetés chez un lombriculteur, fournis par ta collectivité ou prélevés chez un voisin. La population s’ajuste ensuite d’elle-même à la nourriture et à la place.

Un homme verse du marc de café dans un lombricomposteur en plastique gris installé dans un coin cuisine en bois clair.
Sommaire
  1. Quelles espèces de vers mettre dans un lombricomposteur ?
  2. Combien de vers et où les trouver ?
  3. Comment introduire les vers, puis les laisser se multiplier
  4. Avant d’accueillir tes vers

Le bac est monté, la litière est prête, et il manque l’essentiel : les vers. Entre les noms latins des fiches, les sachets vendus au poids et les lombrics qui traînent dans la jardinière, on hésite vite sur l’espèce et la quantité.

Quelles espèces de vers mettre dans un lombricomposteur ?

Les vers de terre se rangent en trois familles. Les anéciques, comme le lombric commun (Lumbricus terrestris), creusent des galeries verticales et remontent la nuit chercher des feuilles. Les endogés vivent dans la terre et ne viennent presque jamais en surface. Les épigés vivent dans la litière, le fumier ou le compost, et se nourrissent de matière en décomposition. Seuls ces derniers conviennent à un bac.

Eisenia fetida et Eisenia andrei

Ce sont les vers de référence. Le guide de la Métropole du Grand Nancy présente Eisenia fetida, le « ver de fumier », rouge tigré de jaune, comme le plus adapté en intérieur, et Eisenia andrei, rouge vif, comme un ver qui se reproduit aussi vite. Les deux mesurent moins de 10 cm et sont souvent vendus en mélange : impossible de les distinguer à l’œil, et ce n’est pas utile.

Dendrobaena veneta

Plus gros et plus lourd, le Dendrobaena veneta (parfois vendu sous le nom d’Eisenia hortensis) se reproduit plus lentement. Le guide de Nancy lui prête un caractère « fuyard ». Il peut compléter un bac, mais il ne remplace pas les Eisenia pour démarrer.

Pourquoi pas le ver de terre du jardin ?

Le lombric du jardin a besoin de sol profond pour creuser. Dans quelques centimètres d’épluchures, il ne trouve ni son milieu ni sa nourriture.

EspèceMilieu naturelTaille adulteUsage en lombricomposteur
Eisenia fetidaFumier, compostMoins de 10 cmEspèce de référence
Eisenia andreiFumier, compostMoins de 10 cmÉquivalent, souvent en mélange
Dendrobaena venetaLitière, compostPlus grosPossible, reproduction plus lente
Lumbricus terrestrisSol profondGrandÀ éviter

Un ver de lombricomposteur vit dans la matière en décomposition, pas dans la terre : c’est ce qui le distingue du ver de jardin.

Combien de vers et où les trouver ?

Les guides de collectivités conseillent environ 500 g de vers pour démarrer un bac de foyer, Grand Nancy comme la communauté d’agglomération TCO. On peut commencer avec moins : la population met alors plus de temps à absorber les déchets d’une famille.

Quant à l’appétit, les chiffres divergent. Le Syctom parle de « jusqu’à la moitié de leur poids » par jour, un manuel technique européen de l’équivalent de leur poids en conditions optimales, et certaines notices de deux fois leur poids. Retiens l’ordre de grandeur le plus prudent : 500 g de vers en forme traitent jusqu’à 250 g de déchets environ par jour, pas un kilo.

Pour te procurer des vers :

  • Ta collectivité : beaucoup distribuent des lombricomposteurs avec un lot de vers ou un bon d’échange chez un fournisseur. Demande au service déchets de ta mairie ou de ton intercommunalité.
  • Un lombriculteur : il vend les vers au poids, avec leur litière, et les expédie dans une boîte aérée. Certains syndicats de déchets publient une liste d’éleveurs locaux.
  • Un voisin composteur : quelques poignées de lombricompost bien peuplé, avec des vers et des cocons, peuvent lancer un bac, plus lentement qu’un sachet de 500 g.

Quelle que soit la source, demande le nom de l’espèce : un sachet de vers sans nom latin ne dit pas ce qu’il contient.

Un départ avec moins de vers fonctionne, à condition de nourrir moins : c’est la quantité de déchets qui s’adapte aux vers, pas l’inverse.

Pour la place du bac et le premier mois de nourriture, le guide débuter le lombricompostage en appartement détaille la mise en route.

Comment introduire les vers, puis les laisser se multiplier

Installer les vers dans la litière

Dépose les vers et leur litière d’origine sur une couche de carton et de papier humidifiés, sans les trier. Éclaire le plateau : les vers fuient la lumière et s’enfouissent en quelques minutes. Pose le matelas d’humidification, ferme le couvercle, puis attends avant le premier repas. Les guides varient sur ce délai, de 24 heures à deux semaines ; Grand Nancy retient deux à trois jours. Ensuite, une poignée de déchets par semaine suffit le premier mois.

Il arrive que des vers sortent les premières nuits, stressés par le transport. Zero Waste France conseille de laisser une lampe allumée au-dessus du bac.

Reproduction : combien de temps pour peupler le bac ?

Les Eisenia sont hermaphrodites mais doivent s’accoupler. Chaque ver pond ensuite des cocons, de petites capsules jaunâtres qu’on retrouve dans le compost. D’après le guide de Nancy et le manuel technique du projet CIRAWA, un cocon éclot en deux à trois semaines et libère en moyenne trois ou quatre jeunes vers, qui deviennent adultes en deux à trois mois. Tout cela ralentit nettement au frais : les vers mangent et se reproduisent moins sous 10 °C.

Une population qui se régule seule

Le nombre de vers s’ajuste à la place et à la nourriture disponibles, rappelle le Syctom. Inutile d’en racheter tant que le bac fonctionne. En cas de surpopulation apparente, donne une partie des vers à un voisin qui démarre.

Pas besoin de compter les vers : un bac qui avale ses déchets sans odeur en abrite assez.

Avant d’accueillir tes vers

  1. Choisir l’espèce : des Eisenia fetida ou andrei, en mélange si c’est ce que propose l’éleveur.
  2. Prévoir la quantité : environ 500 g pour un bac de foyer, moins si tu acceptes un démarrage plus lent.
  3. Trouver la source : collectivité d’abord, puis lombriculteur ou voisin composteur.
  4. Préparer la litière : carton et papier humidifiés avant la livraison, bac à l’abri du soleil.
  5. Nourrir peu au début : une poignée par semaine le premier mois, puis selon l’appétit, comme l’explique le guide que donner aux vers du lombricomposteur.

Questions fréquentes

Combien de temps des vers peuvent-ils rester dans leur colis ?
Le moins possible : ouvre la boîte dès réception pour les laisser respirer, comme le demande la Ville de Paris dans son guide de distribution. Prépare donc la litière avant la date de livraison annoncée.
Peut-on mélanger plusieurs espèces dans le même bac ?
Eisenia fetida et Eisenia andrei cohabitent sans problème et sont souvent vendus ensemble. Ajouter des Dendrobaena ne pose pas de souci non plus, mais ils se multiplient moins vite et n’accélèrent pas le démarrage.
Combien de temps vit un ver de compost ?
Les guides de collectivités parlent d’environ deux ans, et jusqu’à trois ans pour Grand Nancy. Dans un bac, ce sont les conditions de chaleur, d’humidité et de nourriture qui décident de sa durée de vie.

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